Vous ne verrez plus jamais Rome comme avant : la visite qui bouleverse tout

Et si vos prochaines vacances à Rome commençaient… par un simple mouvement de tête sous un casque de réalité virtuelle ? Oubliez les files interminables devant le Colisée et les épaules bousculées par les selfies, la technologie s’invite dans vos valises et, spoiler : elle bouscule tout.

Quand la réalité virtuelle s’invite dans nos monuments

Depuis quelques années, la réalité virtuelle (VR pour les intimes) fait son petit effet auprès des voyageurs en quête d’expériences bluffantes. Ce qui, hier encore, pouvait sembler réservé aux gamers ou aux geeks assumés, a littéralement explosé sous l’impulsion de la crise sanitaire. Le monde du tourisme ne cache plus sa question existentielle : ira-t-on à l’avenir visiter Rome (ou Notre-Dame !) non plus en claquant des miles, mais en enfilant des lunettes high-tech ?

Un exemple qui donne le ton : cet été, Notre-Dame-de-Paris, encore fermée pour restauration, a rouvert… ses portes virtuelles ! Le centre FlyView, projet né à Paris en 2014, propose maintenant de survoler la cathédrale – avant et après l’incendie – à 360 degrés, puis de se promener dans ses salles, tout ça bien installé dans son fauteuil. Le film « Revivre Notre-Dame » coupe littéralement le visiteur du réel pour l’immerger dans ce joyau. Depuis le confinement, les initiatives similaires se multiplient à travers le secteur : plus besoin d’attendre patiemment la fin de travaux ou la réouverture d’un site,
la VR s’invite comme jamais.

Peut-on vraiment voyager sans bouger ?

Mais peut-on confier sans ciller le destin de nos rêves d’explorateurs à une paire de lunettes électroniques ? Autant demander à Jules Verne ce qu’il pense du GPS ! Sophie Lacour, docteure en sciences de l’information et directrice du cabinet Advanced Tourism, n’hésite pas : « Je ne vois pas cet outil remplacer le voyage, c’est, pour moi, un postulat presque absurde. »

Pourquoi ? Parce que la réalité virtuelle ne propose pas (encore) ce qu’offre le vrai dépaysement : le frisson du toucher d’un pilier millénaire, l’odeur des pins chauffés au soleil ou le parfum indéfinissable d’une ruelle italienne. Pour elle, « si la réalité virtuelle était utilisée comme un substitut, ce serait dramatique », car l’humain est un animal social, avide de contacts et de sensations. Exit donc l’idée de remplacer guides et agents de voyage par des robots ! Le petit « plus » du conseiller, son enthousiasme, son histoire personnelle et ses bons conseils ? Aucune application ne saura le reproduire.

La VR : outil du futur, entre fantasme et prudence

Attention cependant : pour beaucoup, la réalité virtuelle représente déjà dans l’imaginaire collectif le voyage de demain. Erik Champion, professeur à l’Université de Curtin (Australie) et membre de la Chaire de l’UNESCO autour de la VR et du tourisme, nuance : « L’instrument doit encore être développé. Pour beaucoup, la VR a peut-être déjà remplacé le voyage, mais en réalité, elle manque encore de robustesse et de contenus solides. »

Le secret ? En faire un terrain de jeu collaboratif, où chacun personnalise l’aventure pour soi… et ses amis. Tant que la VR ne permet pas cette expérience collective et configurable à souhait, elle restera un gadget, pas encore la star des tour-opérateurs. Sans compter qu’un minimum d’accompagnement s’impose : une utilisation encadrée, intégrée à un package ou à un circuit précis, donnerait du sens à l’expérience, tout en préservant nos consciences écologiques.

  • Les casques, câbles et ordinateurs sont loin d’être des passe-partout transportables,
  • La technologie est énergivore et peu adaptée à une utilisation domestique massive,
  • Raison de plus pour limiter son usage commercial aux professionnels et lieux dédiés… pour l’instant !

Des applications qui promettent une révolution… encadrée

Même si elle n’est pas (encore !) prête à remplacer pizzas, trastevere et mosaïques romaines, la VR promet, selon Sophie Lacour, de révolutionner le secteur.

  • Elle pourrait devenir le catalogue de voyage de demain : quelques minutes avec un casque pour découvrir une destination, plutôt qu’une épaisse brochure sur le comptoir.
  • Elle offre un vrai avant-goût et permet de mieux cibler son voyage idéal !
  • Elle rendrait possible des escapades vers des sites hors d’atteinte, comme… l’espace (petite pensée pour les rêveurs) ou des sites archéologiques, reconstitués dans leur splendeur d’autrefois.
  • Plus fort encore, elle pourrait permettre à certains lieux surfréquentés de « respirer » grâce à une fermeture temporaire accompagnée d’une alternative virtuelle, pour une démarche écoresponsable.

Mais attention : la visite immersive doit avoir lieu, selon l’experte, sur site – sous l’égide d’un opérateur touristique – plutôt que dans votre salon en pyjama. On peut ainsi revivre Pompéi avant sa destruction, à la manière de l’exposition proposée au Grand Palais à Paris, le tout sans sacrifier la magie du vrai déplacement.

Selon Erik Champion, la réalité virtuelle pourrait bientôt s’imposer comme un divertissement incontournable sur tous les grands sites touristiques… ou même dans les aéroports pour tuer le temps – adieu sudoku, bonjour visite du Forum ou balade sur Mars !

Le futur du tourisme s’écrit donc entre innovation et humanité, entre enthousiasme pour la technique et nostalgie du vécu. Une chose est sûre : vous ne pourrez plus jamais voir Rome (ni toute autre destination) comme avant. Alors, prêt à voyager autrement, casque sur la tête et cœur en bandoulière ?