Combien m’a vraiment coûté un an en électrique face à une voiture classique ?

Passer à l’électrique, ça fait rêver sur le papier : économies, confort, silence, et une bonne action pour la planète. Mais quand vient l’heure de vérifier les chiffres, le portefeuille suit-il réellement le rythme de la révolution verte ? Après une année entière en Tesla Model Y Propulsion sur 30 000 kilomètres, l’heure est au bilan financier, sans enfumage ni effet d’annonce !

Le contexte : une année sur les routes avec la star des SUV électriques

Difficile de passer à côté de la Tesla Model Y Propulsion en 2023 : elle trône fièrement en tête des ventes, toutes énergies confondues en Europe. La version fabriquée à Berlin profite même en 2024 du bonus écologique, contrairement à la Model 3, ce qui va encore renforcer son attraction. Notre exemplaire affiche vaillamment un an de service et 30 000 km au compteur. C’est l’occasion rêvée de faire un point, après avoir déjà partagé une première impression à 10 000 km l’été dernier.

Recharge : maison vs. itinérance, le match des coûts

En 2024, nul besoin d’être propriétaire d’une maison à prise murale pour rouler électrique : le réseau de bornes publiques s’est bien densifié. Mais, il faut bien l’admettre, recharger chez soi, c’est le top. Et financièrement, c’est royal : l’abonnement EDF Tempo, par exemple, permet de descendre sous les 2 €/100 km. Difficile de rivaliser… et à plus de 10 €/100 km, les modèles thermiques peuvent aller se rhabiller !

Dans la vraie vie, la plupart des recharges « domestiques » se font à 0,11 €/kWh. Cette offre reste imbattable, sauf si vous avez la chance d’accéder à la Supercharge gratuite ou à une recharge offerte sur votre lieu de travail.

Mais pour les grands voyageurs, les bornes rapides sont souvent indispensables. Bonne nouvelle : après une flambée en 2022, le tarif est redescendu autour de 0,30 à 0,35 €/kWh début 2024 sur le réseau Tesla. Cela reste cependant environ 3 fois le prix d’une charge à la maison, mais c’est toujours bien moins cher que la concurrence (0,59 €/kWh chez Ionity, Totalenergies ou Fastned).

  • Recharges rapides (Superchargeurs & grandes bornes) : 0,40 €/kWh en moyenne
  • Charges lentes (domicile, travail, opportunités) : 0,15 €/kWh en moyenne

Conso réelle : la théorie face à la réalité routière

Quelques chiffres tombent vite les masques : la Model Y Propulsion annonce 15,7 kWh/100 km (WLTP), mais après une année riche en autoroute et températures variées, la réalité s’établit à 20 kWh/100 km. Soyons honnêtes, la route à 130 km/h, ça flingue la moyenne. Sur le tableau de bord, la conso affiche 17,8 kWh/100 km, sans tenir compte des arrêts et pertes lors des recharges.

  • 6 000 kWh consommés pour 30 000 km en un an
  • Répartition égale entre charge rapide (itinérance) et charge lente (domicile, travail, opportunité)

Côté budget, le tableau est tout aussi limpide : en considérant les prix moyens mentionnés plus haut, le coût de recharge s’élève à 1 650 euros sur l’année, soit 5,5 €/100 km. Pour comparaison : moins cher que parcourir 13 000 km en essence, sur un véhicule classique ! Pour ceux qui privilégient quasi exclusivement la recharge à domicile, la facture descend encore, flirtant avec les 3 €/100 km.

Tesla vs. thermique : la Peugeot 3008 à l’épreuve

La star des SUV thermiques pour la comparaison ? La Peugeot 3008 essence, affichée à 33 560 € neuve contre 37 990 € pour la Model Y bonus écologique inclus. Une différence de 4 430 €, à première vue en défaveur du 100 % électrique.

  • Consommation Peugeot 3008 annoncée : 6,1 l/100 km, soit 11 €/100 km avec l’essence à 1,80 €/l
  • Avec notre usage, le coût kilométrique de la 3008 est deux fois plus élevé que celui de la Tesla

Résultat : l’écart de prix entre les deux modèles est comblé en 80 000 km (à raison de 30 000 km/an, cela ne fait même pas trois ans). En rechargeant quasi exclusivement à domicile, la barre descend à 60 000 km, soit plus ou moins six années selon l’usage moyen français.

L’entretien ? Les thermiques accumulent les passages au garage, quand la Tesla se contente du minimum réglementaire : pas d’entretien périodique imposé pour la garantie, pas de vidanges à répétition.

Mais attention, si la comparaison a du sens pour une première transition électrique, il devient plus pertinent de s’intéresser ensuite aux différences de consommation entre modèles électriques eux-mêmes, là où une citadine pourra faire encore mieux qu’un SUV de deux tonnes.

En résumé : après un an à bord de la Model Y, l’électrique prouve une fois encore qu’elle sait ménager vos finances, surtout si vous rechargez à domicile. Le thermique, lui, prend du retard… et pas qu’au démarrage ! Avant de foncer sur un gros SUV, n’oubliez pas : la plus petite voiture reste la plus économique à la longue.